Le Busard de Maillard (Circus maillardi, Verreaux, J., 1862), localement appelé « Papangue », tire son nom du mot malgache « Papango », lui-même issu du swahili « Kipãnga », signifiant « petit milan ». Durant la colonisation de l’île, des populations malgaches arrivées comme esclaves ont apporté cette dénomination, qui s’est ancrée dans la culture locale. À La Réunion, il est aussi connu sous le nom de « Pieds jaunes », en référence à la couleur jaune de ses pattes. À Mayotte, le terme « Papango » désigne le Milan noir.
Le Busard de Maillard appartient à la famille des Accipitridae et au genre Circus. Il appartient ainsi au groupe des « busards des marais ». Longtemps considéré comme une sous-espèce du Busard de Madagascar (Circus macrosceles, Newton, A., 1863), il s’agit en fait d’une espèce distincte : les deux lignées auraient divergé il y a environ 760 000 ans.
Autrefois présent sur l’île Maurice (à 210 km de La Réunion), le Busard de Maillard y est aujourd’hui éteint et n’est désormais observé que sur l’île de La Réunion.
| Catégorie | Donnée |
|---|---|
| Embranchement | Vertébrés |
| Classe | Aves |
| Ordre | Accipitriformes |
| Famille | Accipitridés |
| Genre | Circus |
| Espèce | maillardi |
Le Papangue fait partie intégrante du patrimoine naturel de La Réunion. Il est bien connu de la population réunionnaise, même s’il est parfois confondu avec d’autres oiseaux. Espèce globalement proche de l’homme, il est facilement observable dans de nombreux secteurs de l’île.
Sa présence présente également un intérêt économique et touristique. Son caractère endémique attire photographes, amateurs d’ornithologie et visiteurs désireux de découvrir la biodiversité réunionnaise. Plusieurs sites d’observation ont ainsi été aménagés afin de favoriser la découverte et la valorisation de l’espèce.
Le Papangue occupe par ailleurs une place importante dans la culture locale et certains usages commerciaux. Longtemps considéré comme une « vermine », en raison de sa réputation de mangeur de poules et de « voleur d’enfants », il est aujourd’hui largement réhabilité dans l’imaginaire collectif. Son nom est notamment utilisé pour désigner des rues, des lotissements ou des produits dérivés, comme la marque de vêtements PAPANG Tropical Wear.
Enfin, le Papangue reste fortement associé à des expressions populaires (« coiffé comme un Papangue »), à des croyances (annonce de mauvais présages), à des légendes (d’Anchaing et de Héva), mais aussi à des anecdotes (« on le gardait en captivité », « on le mangeait ») et à des lieux emblématiques de l’île (par exemple le Piton Papangue), témoignant de son ancrage durable dans l’imaginaire réunionnais.

