Le Papangue (Busard de Maillard, Circus maillardi) est un rapace diurne, sédentaire et endémique de La Réunion : c’est le dernier rapace diurne endémique nicheur de l’île.
Son écologie reflète une forte plasticité d’habitat : historiquement associé à des milieux plus forestiers, il occupe aujourd’hui une mosaïque de milieux naturels et anthropisés (zones ouvertes et forestières), en utilisant fréquemment les interfaces (lisières, chemins, fossés, sommets de ravines) pour chasser.
Sur le plan morphologique, l’espèce présente des traits cohérents avec une chasse en milieu arboré : tarses plus courts, serres plus longues, ailes plus courtes et plus rondes, comparativement au Busard de Madagascar.
La silhouette (grandes ailes et longue queue) rend la confusion avec une autre espèce réunionnaise peu probable. L’envergure est d’environ 125–140 cm.
L’espèce présente un dimorphisme sexuel inversé (femelles plus massives), avec une masse moyenne d’environ 705 g chez les femelles contre 521 g chez les mâles.
Le dimorphisme de plumage est très marqué chez l’adulte mais plus discret chez les jeunes ; la transition vers le plumage adulte s’effectue progressivement durant la 2e et 3e année.
La reproduction s’étale sur presque toute l’année. Les parades sont observées quasiment toute l’année, avec une période plus faible de septembre à novembre. L’activité de reproduction débute généralement en décembre.
La construction et l'entretien du nid commencent en janvier et se poursuivent jusqu’à mi-août. Le nid est un amas de branches, installé près du sol ou sur de petits buissons, souvent sur un support végétal. Autour des nids, plusieurs espèces végétales reviennent fréquemment : Dicranopteris linearis, Pteridium aquilinum, Nephrolepis biserrata et Scleria sieberi.
La femelle pond 1 à 3 œufs. Pendant l’incubation, elle reste majoritairement au nid ; les œufs sont couvés 33 à 36 jours.
Les jeunes commencent à s’exercer au vol autour du 45e jour et l’envol intervient vers le 55e jour. Après l’envol, l’émancipation peut durer 3 à 10 mois, avec des jeunes parfois encore dépendants alors que les adultes relancent un cycle reproducteur.
Le Papangue est une espèce généraliste et très opportuniste, dont les proies varient selon l’accessibilité et l’abondance locales.
Les données disponibles montrent une alimentation dominée par les mammifères, reptiles et oiseaux, avec une part variable selon les sites et les méthodes : 29–55 % mammifères, 6–46 % reptiles, 17–49 % oiseaux, 0–12 % poissons.
L’espèce peut aussi consommer des charognes (notamment le long des routes) et des observations récentes confirment sa capacité à pêcher (bassins piscicoles et bordures de plans d’eau).
Enfin, la composition du régime alimentaire dépend du paysage. Dans des contextes avec davantage de canne à sucre et de bâti, la consommation de rongeurs et d’oiseaux granivores augmente. Dans des milieux plus naturels, la part d’oiseaux insectivores/nectarivores et de reptiles tend à être plus élevée.

